L'Afrique se réunit à Tunis : le Centre d'Excellence AIMEC lance un pont économique entre l'Égypte et la Tunisie

Le 10 juin 2026, Tunis a abrité une table ronde d’un nouveau genre, organisée sous l’égide du Centre d'Excellence Africain pour les Marchés Inclusifs (AIMEC) , une structure opérationnelle récente de la Commission de l'Union Africaine.

Placée sous le signe « Ensemble pour l’ouverture des marchés », cette rencontre a réuni une délégation égyptienne de haut niveau (Conseil Égyptien pour la Coopération Internationale), des représentants du gouvernement tunisien, ainsi que des acteurs privés et bancaires des deux pays.

L’originalité de l’événement tient à son architecte : l’AIMEC. Son représentant, l’ambassadeur Youssef Al-Kordofani, n’a pas seulement diagnostiqué le faible niveau des échanges intra-africains (16 %), il a annoncé une feuille de route concrète : sortir de l’exportation de matières premières, favoriser l’industrialisation locale, et autonomiser les jeunes et les femmes. Surtout, il a révélé que Tunis ne serait que la première étape d’un circuit qui s’étendra prochainement à l’Afrique du Sud, de l’Ouest et de l’Est. Du côté égyptien, l’ambassadeur Bassem Hassan a été sans détour : les relations politiques entre Le Caire et Tunis sont excellentes, mais les échanges économiques restent en deçà des potentialités.

Des instructions supérieures ont été données pour faciliter les visas, augmenter les vols directs et même étudier une ligne maritime directe. Quant à l’ingénieur Moataz Rasslan, du Conseil Égyptien pour la Coopération Internationale, il a proposé la création d’un Conseil d’affaires tuniso-égyptien permanent, décrivant les deux pays comme deux portes complémentaires vers les marchés africains. Les responsables tunisiens (ministre du Commerce Samir Ouid, directeur du Cepex Mourad Ben Hassine) ont apporté leur soutien, tandis que les institutions financières, représentées par Feryel Chabrak (directrice générale de la Banque de Tunisie et des Émirats), ont affirmé leur disponibilité à financer les projets communs et à lever les obstacles logistiques. Décryptage stratégique : Ce qui se joue ici dépasse le simple protocole.

L’AIMEC agit comme une plateforme réseau continentale, et l’axe Tunisie-Égypte devient son premier laboratoire.

La présence de décisions concrètes (visa, liaisons maritimes, conseil d’affaires) et d’un engagement bancaire montre une volonté de passer des discours à l’exécution. À suivre : comment l’AIMEC élargira ce modèle aux autres régions d’Afrique.